• Améliorer son audition
• Élargir son paysage sonore
• Entendre en toute discrétion
• Protéger ses oreilles
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Les acouphènes (ou tinnitus) se manifestent par la perception de sons d'intensités variables (bourdonnements, sifflements, grésillements..) en l'absence de toute stimulation sonore.
Autrefois considéré comme d'ordre psychologique comme une hallucination, on sait aujourd'hui que l'acouphène a son origine dans les voies auditives. Le plus souvent, il est dû à une lésion cochléaire et résulte de la production d'un signal nerveux aberrant interprété par le cerveau comme un son.
L'acouphène survient à tout âge, mais apparaît essentiellement après 60 ans accompagnant la perte auditive liée au vieillissement (presbyacousie). Il peut apparaître spontanément, ou après un stress, une dépression, ... et est souvent consécutif à une exposition récente ou ancienne au bruit. Il peut être associé à différentes affections : allergies, troubles auditifs, vertiges, hypertension...
Après avoir perçu l'acouphène, une majorité de patients n'est pas affectée, alors que pour d'autres, environ 25%, il constitue un handicap considérable, quelquefois insupportable.
Il n'y a pas de traitement sûr et efficace des acouphènes. Dans les cas limités où la cause est identifiée, le traitement conduira à l'atténuation ou à la suppression de l'acouphène. Quand la cause n'est pas identifiée, comme c'est souvent le cas, il est possible d'intervenir par différents moyens :
. l'électro-stimualtion
. le masquage, soit physique, soit psycho-neuronal d'acouphène par un autre son, bruit blanc ou bruit de fréquence étudiée.
. les aides auditives dont les sons amplifiés masquent l'acouphène et diminuent sa perception
Dans tous les cas, la situation personnelle de l'acouphénique doit être prise en considération et une aide psychologique doit accompagner le traitement.
L'hyperacousie est la perception de sons à un niveau plus élevé que la normale ; cette sensation de forte intensité sonore s'accompagne d'audition douloureuse. L'hyperacousie est quelquefois associée aux acouphènes. Elle est présente dans les surdités de perception où, en général modérée, elle posait autrefois des problèmes d'intolérance au port d'une aide auditive.
Très prononcée, l'hyperacousie rend insupportable les bruits de la vie quotidienne, tels que sonnerie du téléphone, musique à niveau raisonnable.
Des protecteurs auditifs sont quelquefois utilisés
et une prise en charge psychologique est susceptible
d'en atténuer les conséquences.
La presbyacousie occupe une place importante non à cause de la gravité du handicap que cette surdité engendre, mais parce que la quasi-totalité des personnes est atteinte. Les presbiacousiens forment la majorité de la clientèle des audioprothésistes.
Le système auditif vieillit et ses fonctions régressent : les différentes parties de l'oreille sont concernées, mais c'est surtout l'atteinte des cellules sensorielles de l'oreille interne qui provoque les plus sérieux tracas ; leur dégénérescence puis leur disparition entraînent une diminution progressive des capacités auditives appelées presbyacousie.
Une anlyse des causes de la presbyacousie montre que, contrairement à une idée répandue, cette surdité n'est pas « naturelle » et ne provient pas uniquement du vieillissement des cellules sensorielles ; certes, elle apparaît avec l'âge qui en est une des causes, mais elle résulte aussi des actions conjuguées de facteurs nocifs, tels que la prise de médicaments ototoxiques, l'existence de certaines pathologies et surtout l'exposition au bruit. La presbyacousie est ainsi le résultat du vécu auditif du sujet.
La presbyacousie apparaît généralement vers la cinquantaine, de façon progressive et insidieuse, car, le plus souvent, le sujet atteint n'a pas conscience de la dégradation de son audition et met ses difficultés auditives sur le compte des autres qui ne parlent pas distinctement. La raison en est qu'il n'existe pas de sons de référence permettant de tester l'audition, alors que pour la vision, la lecture permet de constater la diminution de l'acuité visuelle.
L'indice le plus sûr d'apparition de la presbyacousie est la difficulté à comprendre la parole dans des conditions acoustiques difficiles :
• lorsqu'on se trouve en milieu bruyant : à la fin d'un repas animé, au cours de l'apéritif organisé par une association, dans les transports en commun ...
• lorsqu'on est loin de celui qui parle, lorsqu'on se parle d'une pièce à l'autre
. lorsque plusieurs personnes parlent en même temps : assemblées houleuses, débats...
• lorsqu'on se trouve dans des locaux vastes et peu meublés
À ce stade précoce où l'on n'éprouve pas un réel besoin d'entendre plus fort, mais plutôt l'envie de recevoir une parole claire, bien articulée et non masquée par des sons inopportuns, l'appareillage risque d'être prématuré, et par là même décevant. Dans ces premiers temps de la presbyacousie, il est possible d'améliorer le confort en adoptant quelques règles et en prenant certaines précautions.
C'est ainsi que dans un couple, certaines habitudes permettent d'entretenir une communciation audio-verbale harmonieuse. Pour échapper à l'énervement causé par les « dialogues de sourds », on s'astreindra à ne pas marmonner, à ne pas penser à haute voix en parlant pour soi-même, à privilégier les dialogues utiles, à ne pas se parler d'une pièce à l'autre, à articuler un peu mieux, à parler moins vite, à attirer préalablement l'attention avant de parler, à observer le visage de son interlocuteur pour s'habituer à la lecture labiale.
On utilisera éventuellement des aides techniques : haut parleur supplémentaire, système infrarouge pour l'écoute de la télévision.
A un stade plus avancé, seul l'appareillage est susceptible d'améliorer la communication. Le port d'aides auditives sans être trop précoce, doit cependant être décidé assez tôt ; en effet, il faut éviter l'isolement par manque de communication et il est d'autre part nécessaire que les capacités d'adaptation du sujet soient intactes.
Il est essentiel pour la réussite de l'appareillage que les personnes ressentent le besoin de mieux entendre et l'envie de communiquer. Le port d'un appareil ne doit pas être motivé par des incitations extérieures : publicité, prescription, volonté des proches.
Après l'appareillage, la période d'adaptation peut nécessiter plusieurs semaines mais, même s'il existe des sujets réfractaires, le port d'aides auditives est généralement bien vécu et les bienfaits s'avèrent supérieures aux contraintes.
Si presbytie et presbyacousie sont deux manifestations du vieillissement, ces deux altérations sensorielles ne doivent pas être considérées de la même façon à la fois sur le plan de la dégradation des systèmes sensoriels et en ce qui concerne la réhabilitation.
La presbytie est une atteinte du système de transmission de l'œil formé par les milieux transparents.
La réhabilitation est simple ; elle s'effectue par compensation physique de l'anomalie et la correction par des verres ou des lentilles de contact se révèle immédiatement efficace.
La presbyacousie est une dégradation de l'oreille interne et donc du système de perception. Il en résulte que, d'une part, l'appareillage est plus complexe qu'une simple compensation physique, en particulier parce que plusieurs fonctions de l'oreille sont altérées, et, d'autre part, la réhabilitation demande une adaptation plus longue du sujet appareillé à ses appareils.
Différents types d'interventions chirurgicales peuvent aujourd'hui diminuer le nombre de surdités de transmission ou de perception. C'est pourquoi, on a recours à la chirurgie dans un certain nombre de cas : réparation de la membrane du tympan ou de la chaîne des osselets, traitement des otites chroniques à tympan ouvert, traitement des hypertensions liquides de l'oreille interne ou encore intervention sur les neurinomes, tumeurs non cancéreuses du nerf auditif.
L'intervention chirurgicale qui a fortement marqué la correction auditive reste l'implantation cochléaire. Elle consiste à installer des électrodes au contact du nerf auditif. Depuis son apparition, elle a beaucoup progressé tant sur le plan technique que dans l'accompagnement des patients.
Elle s'adresse aux personnes atteintes de surdité profonde qui ne peuvent plus attendre de bénéfice du port d'une prothèse classique. Un certain nombre de conditions doivent être respectées, tant en ce qui concerne l'état du système auditif que la situation psychologique et l'environnement familial et social.
L'intervention ne fait pas intervenir seulement l'équipe chirurgicale. Sa réussite dépend en grande partie de l'accompagnement pluridisciplinaire : médecin, mais aussi psychologue, audioprothésiste, orthophoniste, famille... Sans oublier les implantés eux-mêmes qui participent pleinement à l'information des candidats à l'implantation et de leurs familles.
Chez l'enfant né sourd profond, l'implantation doit être envisagée de manière précoce (avant l'âge de 2 ans). Elle peut permettre l'intégration de certains enfants en milieu scolaire entendant. De tels résultats demandent un énorme investissement des parents et de la famille.
Pour les adultes devenus sourds, ceux-ci ne doivent présenter aucune contre-indication médicale et la durée de leur surdité ne doit pas leur avoir fait perdre le contact avec l'oralité. Avec un accompagnement psychologique et orthophonique adapté, ils peuvent retrouver pleinement une communication orale.
La reconnaissance officielle par la Direction des Hôpitaux du Ministère de la Santé a permis de débloquer partiellement en France la situation budgétaire. Actuellement, les centres d'implantation cochléaire accrédités voient leur fonctionnement s'améliorer et être en mesure d'apporter aux patients une solution à leur isolement relationnel.
Le développement technologique permet d'envisager des avancées encore plus importantes : implantation bilatérale, association à la prothèse acoustique conventionnelle, par exemple.
Des méthodes récentes permettent d'implanter totalement les éléments de la prothèse auditive ; ces techniques appartiennent encore au domaine expérimental.
La surdité atteint plus d'un nouveau-né sur mille et a des conséquences sérieuses sur l'acquisition du langage et la scolarité. Or plus la prise en charge d'un enfant sourd est précoce, dès les premiers mois de la vie, plus grandes sont les chances de parler correctement et de suivre une scolarité normale.
Actuellement, le diagnostic des surdités congénitales est souvent tardif, après deux ans.
Un dépistage dès la naissance est donc souhaitable.
Il existe des examens rapides et fiables qui pourraient être réalisés à la maternité avec des appareils portables (otoémissions, potentiels évoqués). Mais aucun budget n'est actuellement attribué de manière légale par les pouvoirs publics pour organiser ce dépistage en France ; une étude de faisabilité financée par la Caisse Nationale d'Asuurance Maladie, est actuellement en cours à Paris Ouest, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux et Toulouse.
Tout enfant qui ne dit rien à 18 mois, qui ne dit pas de petites phrases à deux ans et demi, ou qui n'est pas compréhensible à 4 ans, doit bénéficier d'un examen auditif. Un test auditif doit également être envisagé si l'enfant ne répond pas à l'appel ou fait répéter. La principale cause de déficit auditif chez l'enfant est la présence de liquide inflammatoire dans l'oreille moyenne (otite séreuse). Il s'agit d'un problème réversible et curable. Il faut y penser chez un enfant fréquemment enrhumé, ou qui respire souvent par la bouche.
Un dépistage utilisant des jouets sonores peut être réalisé lors des examens systématiques de 9 mois et 24 mois.
A partir de trois ans, les examens de médecine scolaire comportent un test auditif.
Au moindre doute, un médecin spécialisé en audiologie infantile doit être consulté. il utilisera des tests adaptés à l'âge de l'enfant, présentés sous forme de jeux et non douloureux.
Au-delà de 60 ans, une personne sur deux a une perte auditive significative. Mais seulement 30 % des personnes âgées ont conscience d'une gêne auditive. Le dépistage est donc nécessaire pour détecter la perte d'audition qui est progressive et insidieuse.
La gêne à la compréhension de la parole, en particulier dans le bruit, est le signe le plus précoce de perte auditive. C'est le signal d'alerte pour effectuer un test auditif.
L'âge de découverte d'un problème auditif influence considérablement le résultat obtenu avec des appareils auditifs. En effet, plus le problème auditif est ancien, plus grande est la gêne pour comprendre la parole : la personne comprend « de travers ».
De surcroît, les sujets plus jeunes s'adaptent mieux au maniement des appareils et à la perception des sons « oubliés ».
Une étude a montré que 80 % des sujets appareillés à 60 ans portent leurs appareils auditifs en permanence, contre seulement 14 % des sujets appareillés à 80 ans.
C'est pourquoi, il faut consulter un spécialiste dès le début de la soixantaine, puis régulièrement tous les un à deux ans. Les tests auditifs porteront sur la perception de sons musicaux (audiogramme tonal), mais aussi sur la perception de la parole (audiogramme vocal qui ne fait malheureusement pas partie des bilans de santé de la Sécurité Sociale).
Lien entre la maladie d'Alzheimer et la surdité
Femme actuelle décembre 2007
Femme actuelle livre les propos de Laurent Bergnon, ancien chef de service ORL et fondateur du Grap (Groupe de recherche Alzheimer presbyacousie).
Le magazine note que « dans une récente étude, le scientifique fait le lien entre la maladie d'Alzheimer et la surdité ».
Le spécialiste déclare ainsi que « le risque de développer la maladie d'Alzheimer est deux et demi plus élevé chez les sourds que chez les personnes à audition normale. Cette pathologie évolue aussi plus vite chez eux.
Une étude française révèle que le risque de développer une maladie dégénérative de type Alzheimer est 2,5 fois plus élevé chez les malentendants. Coïncidence ou corrélations ?
Panorama du Médecin, 28 janvier 2008.
Y a-t-il un rapport entre les premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer (oubli des informations récentes) et la presbyacousie (surdité progressive liée à l'âge) ? La surdité (avec gêne sociale) entraîne-t-elle des démences plus graves, plus précoces, plus évolutives, plus fréquentes que lorsque l'audition est bonne ? Pour tenter de répondre à ces questions, les membres du Groupe de recherche Alzheimer Presbyacousie (GRAP) ont réalisé une étude clinique, baptisée AcouDem. Cette étude a porté sur 319 personnes de plus de 75 ans vivant en institution depuis au moins un mois. 42 % souffraient de presbyacousie et 61 % de troubles cognitifs.
Les premiers résultats de cette étude* montrent que les personnes malentendantes ont 2,48 fois plus de risques d'être démentes que celles qui entendent correctement. Il y a donc bien un lien, mais s'agit-il d'une coïncidence ou de corrélations ? Un essai testant l'efficacité d'un appareillage auditif et d'une rééducation orthophonique permettra peut-être d'en savoir plus.
* Parus dans la Revue de Gériatrie (tome 42, n°6)
D'après le Docteur Marie-Élisabeth SANSELME-CARDENAS, novembre 2007
La somme d'articles consacrés à cette maladie neurodégénérative, m'a incitée à regrouper les brèves à propos des articles parus dans les journaux les deux ou trois dernières semaines afin que ceux que cela intéresse, puissent se faire une idée avant la parution des principales mesures du plan Alzheimer qui devraient être connues dans la deuxième quinzaine de janvier.
(1) « Contre Alzheimer, prenez soin de vos oreilles »
Le Parisien
Le Parisien note que « dans une étude menée sur 319 patients qui vient d'être publiée dans la Revue de gériatrie, des chercheurs français, réunis dans le Groupe de recherche Alzheimer presbyacousie, démontrent qu'il existe un lien sans conteste entre la perte de l'ouïe et cette pathologie ».
Le journal cite ainsi un responsable du Grap, Laurent Vergnon, qui remarque que « 72 % des malades d'Alzheimer sont sourds ».
« Nous avons constaté que le nombre de malentendants chez les malades d'Alzheimer est 2,5 fois plus important que chez les autres personnes du même âge », poursuit le responsable.
Le quotidien note que « les scientifiques ne peuvent pas encore dire si c'est la maladie qui cause la surdité ou l'inverse », mais « pour [eux], il y a une interaction entre les problèmes d'ouïe et les maladies neurodégénératives ».
Le Parisien ajoute que « très intéressé par l'enquête du Grap, le CNRS a demandé aux experts de la poursuivre ».
Laurent Vergnon précise que « lorsqu'on est sourd, la zone du cerveau concernée ne travaille plus. C'est la raison pour laquelle tout le monde devrait s'appareiller dès les premiers signes de perte de l'audition ».
Le journal relève que « si l'hypothèse des chercheurs se confirme, les prothèses auditives pourraient entrer dans l'arsenal thérapeutique contre la maladie ».